Une nouvelle Foire du trône !

Le 15 septembre 2012, dans Non classé, par admin

La Foire du trône,

au château de Versailles…

Après un Murakami japonais, voici au château de Versailles un Murakami portugais mais toujours les mêmes totems exubérants et vides de sens… La presse évoque quasi unanimement des délires : « C’est la foire du trône ! » titre un grand quotidien.

De purs produits financiers sont encore une fois imposés à des touristes venus du monde entier admirer l’art classique dans toute sa pureté. Nous espérons que les nombreuses réactions depuis celles de notre collectif Versailles Mon Amour jusqu’à l’Académie Française en passant par celles de simples contribuables, feront que ce sera la dernière plaisanterie de ce type.

La justesse et la fermeté de Versailles Mon Amour nous auront au moins épargné l’exposition de l’une des œuvres maîtresses de « l’artiste » : un lustre dont les pampilles sont des tampons hygiéniques. Après l’urine et la merde, le sang menstruel s’imposait pour la plasticienne. Restent en piste pour l’avenir la sueur et les crottes de nez. Mais nous subirons des escarpins géants en casseroles, dans la Galerie des Glaces, des lions de jardins recouverts de macramé, un cœur tressé de couverts en plastique rouge et quelques monstres pompeusement intitulés walkyries dans la galerie des Batailles. Le tout justifié par un raisonnement « conceptuel » attristant.


« L’absconnerie » atteint des niveaux inégalés. La reine guillotinée serait pour Vasconselos une héroïne de la libération de la femme: « Elle n’est plus la femme du roi, mais une femme politique, exécutée pour cette raison. Son exécution est l’un des tout premiers moments de l’émancipation de la femme. Sans elle, je ne serais pas ici. » La ministre de la culture parle de réflexion sur la place des femmes dans la société. Nous nous interrogeons sur la place d’Aurélie Filipeti au ministère.


L’une des œuvres s’appelle Contamination. Titre intéressant car elle propage en effet, après d’autres, une véritable pollution des lieux mais aussi des esprits. Ses monstres de tissus dans la Galerie des Batailles… tirés des mangas japonais sont une insulte à tous les héros des tableaux. Une théière géante trône devant le château.


Une circulaire du ministère, depuis une dizaine d’années, incite fermement les conservateurs à créer des expositions d’art contemporain au cœur des plus beaux trésors de notre patrimoine (musées, châteaux ou abbayes). Les budgets sont prévus et donnés… Mais peut-on imposer l’harmonie par décret? Si l’art n’est pas admiré librement, c’est qu’il est l’outil d’une propagande. Staline imposait ainsi aux soviétiques l’art réaliste, l’art contemporain de son temps.

Rester libre d’admirer ce que nous aimons sans pollution tel doit être le combat de chacun dans sa ville pour protéger notre patrimoine.

 

Hommage à Georges Mathieu

Le 3 juillet 2012, dans Non classé, par admin

Désormais seul en face de Dieu

Publié le 29 juin 2012 par Anne Brassié

Tel était le titre du dernier livre de Georges Mathieu. Décédé il y a peu, il est désormais seul en face de Dieu. J’avais présenté son livre aux lecteurs de Présent en ces termes:

Avoir pour ancêtres les chevaliers d’Escaudoeuvres et Godefroy de Bouillon implique des devoirs. Georges Mathieu l’a senti. Premier anachronisme  en ces temps de devoirs de l’homme. Cocteau définissait ainsi le peintre: « Georges Mathieu est un grand seigneur, tout ce qu’il touche devient féodal et noble. Il fait revivre dans le règne de l’art une aristocratie morte, la sienne étant mille fois plus légitime que l’aristocratie du gotha. »

Second anachronisme en matière d’art il recherche et célèbre le beau,en un temps de victoire totale du laid,du primaire. Alors qu’un exposition se déroule à Paris, sous l’égide de la Mairie de Paris sur l’art populaire et l’art asilaire américain, Georges Mathieu établit la distinction entre travail artistique,apprentissage, approfondissement et peinture avec une queue de singe. Troisième anachronisme, Mathieu récuse l’existence d’un ministère de la culture, ses pompes  et ses oeuvres dont les subventions déversées sur tout et n’importe quoi.

Plusieurs parties donnent à ce livre une grande variété: théories sur l’art, exposés philosophiques de haut vol, pamphlets politiques, lettres aux ministres de la culture et lettres de château quand Georges Mathieu a été reçu comme il l’aime et lettres de charme aux femmes qui l’ont charmé.

Mais un point commun toujours: l’exigence spirituelle, la foi en une Europe ancienne et la nécessité d’une prédominance culturelle sur les ordres économiques et politiques. « Ce qui fait aujourd’hui l’Europe, c’est qu’elle est liée fondamentalement,-et on le souhaite irrévocablement-à la notion de personne, élaborée à Nicée en 325 . C’est à partir de cette même notion que l’Europe doit se faire et non à partir de structures économiques dérisoires. L’Europe que nous souhaitons n’est pas une Europe matérialiste, c’est une Europe sensible et humaine. » Il dira ailleurs: « Tant que l’ordre culturel ne l’emportera pas sur les ordres économiques et politiques, il n’y aura pas de vraie civilisation. »

Le seul problème c’est l’inculture de certains fonctionnaires de la culture qui doivent ignorer  ces temps obscures, où est Nicée et  ce qu’est une personne. Encore un autre anachronisme, Georges Mathieu estime que pour traiter de peinture, d’art ou de philosophie il faut être peintre  ou philosophe. Il trouve anormal que des fonctionnaires publics, ils sont seize mille, s’occupant de gestion, de conservation, ou de répartition de l’argent de l’Etat en matière d’art, vivent douillettement dans de jolis bureaux pendant que les vrais artistes, ceux qui luttent quotidiennement avec les muses sont au pain sec et à l’eau. Ce détournement de l’argent vers les non productifs qui n’affectent pas seulement le domaine de l’art mais tous les domaines commerciaux est sacrément épinglé par notre grand peintre qui ne peut être soupçonné de prêcher pour sa paroisse puisque son succès, dès les années cinquante, le mit à l’abri du besoin. Inculture de ces fonctionnaires mais aussi insoumission caractérisée: Monsieur Lang s’était vu interdire le projet des colonnes de Buren au Palais Royal par le Service des Monuments mais Monsieur Lang se fout des lois comme Monsieur Léotard à qui Mathieu écrit cette lettre ouverte :« Monsieur le Ministre, il est temps de mettre un terme à l’entreprise concertée de dégradation des monuments français. Je conçois votre difficulté à prendre parti dans l’affaire du Palais Royal, laquelle n’est qu’une illustration de la politique aberrante menée par votre prédecesseur avec la complicité d’un ingénieur des Ponts et Chaussées, passé directement de la gestion des constructions hospitalières à la direction du patrimoine.

Après le massacre de Fontevrault, la dernière victime risque d’être la malheureuse Abbaye du Bec Hellouin qui verra, plaquée sur son enceinte, la traverse horizontale d’une gigantesque croix en acier inoxydable, de cinquante cinq mètres de long sur quatre d’épaisseur !

« Ce sont de véritables attentats commis en toute impunité sous le couvert de la notion de modernité. Il ne s’agit pas en effet , d’une démarche artistique qui souhaiterait conférer un supplément de beauté à un lieu ou à un monument. Il s’agit d’une démarche subversive qui a la volonté de faire enrager la conscience bourgeoise, comme la conscience populaire en bafouant les lois de l’harmonie, du bon sens, de la raison. »

Parmi ses ripostes aux ministres, Léotard, Lang, Landowski, la dernière est encore à citer parce qu’elle répond à tant d’inepsies en matière d’enseignement: « De grâce, ne reprenez pas à votre compte cette pathologie de l’égalité qu’est l’égalitarisme. L éducation artistique n’a pas pour mission de supprimer les inégalités sociales mais de faire surgir chez tous ce sentiment de dignité et de grandeur qu’ils ignorent en eux. »

Rassurez vous Georges Mathieu est le peintre le plus inséré dans son temps,écran de télévision, pièces de monnaie, murs d’usine, mobilier, tout a été transformé par cet » amateur du beau » pour qui l’environnement des hommes est essentiel à leur harmonie. Quand l’aviation soviétique a abattu en plein vol un Boing de la Korean Air Lines en 1983, Mathieu exprima son indignation sur une toile. Les grands artistes  et philosophes de son temps sont reconnus et admirés de lui. C’est son temps qui ne le mérite pas . Pourquoi cette présence au 20 ième siècle? Peut être parce que Gorges Mathieu est monarchiste, car le monarque, comme le remarque Jean Noël Lalande dans sa préface, est porteur d’une vertu unique, « l’aptitude à incarner la tradition tout en assumant la nouveauté ».

Désormais seul en face de Dieu est un beau livre d’esthétisme et de spiritualité qui exalte le coeur et revigore l’esprit.

 

Le président Sarkozy a inauguré à Chaumont, Haute-Marne, le « Centre Pompidou mobile », un musée itinérant qui présente 14 chefs d’œuvre, sur le thème de la couleur. La structure est

démontable, le Mumo (Musée mobile d’Art contemporain), tel un

bibliobus de 16 m de long, ira porter l’art aux populations affamées de province puis

poussera, l’esprit missionnaire aidant,

jusqu’en…Afrique de l’Ouest. Si ! Ce poids lourd de l’Art contemporain a coûté 2,5

millions d’euros. Chaque étape coûte 400 000

euros, financée par les collectivités locales, les mécènes et le ministère de la culture, c’est-à-dire le contribuable.

Mr le président  a regretté qu’un Français sur deux « n’aille jamais au musée », « c’est une véritable fracture »,  pour lui,  pas d’opposition entre culture et économie, ce qu’il a abondamment démontré en demandant à tout bout de champ : combien ça coûte ? Admirant  le monochrome orange de Klein, il s‘est exclamé : « Ça, c’est plusieurs millions »… L’Art financier existe, Sarkozy l’a

rencontré.

Il suffit de regarder la tronche du Mumo « aux couleurs de Daniel Buren », surmonté

du « Red Rabbit » de Paul Mac Carthy.…

pour en être sûr : le Mumo a posé un lapin la culture…

Ou le grain de sel du 18 octobre de Christine Sourgins :

 

Exposition à éviter si le goût du 18 ème siècle vous semble exquis.

De grands couturiers ou qui se croient tels ont été invités à exposer au Trianon leur création à côté des costumes d’époque conservés au musée Galliera.

Les modèles de Dior, Balmain et Balanciaga supportent plutôt bien la comparaison. Mais Thierry Mugler, Vivianne Westwood et quelques autres n’offrent qu’une grande vulgarité pénible de voir en ces lieux. La provocation, toujours elle, leur fond de commerce, blesse l’endroit. Jugez en…

Et pendant ce temps là, la mousse garde ses droits …

 

Les grandes ferrailles incurvées qui encadrent en ce moment la perspective de l’accès au château de Versailles évoquent de monstrueuses cornes. Mais en vérité, cela fait plusieurs années que Versailles porte des cornes. Car son président – M. Aillagon – a trahi sa mission en utilisant systématiquement Versailles comme vitrine de ce qu’on appelle improprement l’art contemporain.

Le si mal nommé art contemporain n’a pas sa place à Versailles, car en règle générale ce n’est pas de l’art. C’est de l’anti-art, du non-art, du canular. Bref, n’importe quoi : tout sauf de l’art. En réalité, ce n’est qu’une affaire d’argent, de très gros argent. En mettant Versailles au service de cette imposture, M. Aillagon a trahi l’esprit de Versailles, craché symboliquement sur Versailles. Y imposer le prétendu art contemporain, c’est une insulte envers ce lieu prodigieux, une scandaleuse pollution de Versailles par des choses incongrues qui n’ont rien à y faire. Mais c’est un scandale délibéré. Car le prétendu art contemporain a besoin de scandale pour exister pleinement.

A la tête de Versailles, M. Aillagon a pratiqué un détournement de pouvoir : il a fait passer ses choix avant les devoirs de sa charge. De plus, il a imposé le prétendu art contemporain par des procédés totalitaires, faisant interdire aux conférenciers professionnels de critiquer l’intrusion du canul’art à Versailles, avec menace de mise au chômage en cas d’indocilité. M. Aillagon semble avoir oublié que le président de Versailles n’en est pas le maître : il ne doit en être que le premier serviteur. Au lieu de quoi, il s’est comporté comme si sa présidence de Versailles faisait de lui le Louis XIV de l’« art contemporain ».

Comme responsable de Versailles aussi bien que comme ministre de la Culture, M. Aillagon est apparu comme un serviteur infidèle. Il a trahi sa mission de ministre de la Culture en mettant en danger les cathédrales par une réduction drastique de leur budget de restauration. Si certaines cathédrales ont menacé ruine, c’est par la faute de M. Aillagon. Il a ainsi montré son profond désintérêt – pour ne pas dire son mépris –  pour les trésors patrimoniaux de la France. M. Aillagon n’était pas à sa place comme ministre de la Culture. Il ne l’a pas été davantage comme président de Versailles.

M. Aillagon est officiellement un grand commis de l’Etat. Mais, derrière cette façade, il s’est en réalité comporté en grand commis du lobby de l’« art contemporain ». A la tête du château de Versailles depuis 2007, M. Aillagon y a largement servi les intérêts de milliardaires qui placent d’énormes liquidités dans les inepties des soi-disant artistes contemporains. Comme ils veulent que ces placements soient sûrs, et même fructueux, ces puissants magnats de la finance ou des affaires s’emploient à entretenir un niveau toujours plus élevé des prix de ces absurdités pseudo artistiques, dont ils possèdent des collections pouvant valoir des milliards d’euros ou de dollars. Pour cela, rien de plus efficace que d’exposer à Versailles ! Opérations publicitaires à l’échelle mondiale, les invitations à Versailles de Koons et consorts ont constitué un fabuleux cadeau de M. Aillagon à ses amis les milliardaires grands collectionneurs de ces aberrations, dont ils font à leur profit une gigantesque bulle spéculative.

Reste que le véritable responsable de tout ce gâchis est le président Sarkozy. Il aurait dû, après le scandale de l’exposition Koons en 2008, mettre le holà et exiger la démission de M. Aillagon. Du moins eût-il fallu ne pas renommer celui-ci en 2010 ! Le président de la République n’en avait d’ailleurs pas l’intention. Il avait promis la présidence de Versailles à M. Darcos, homme de vraie et grande culture, qui y aurait accompli un magnifique travail dans le respect de l’esprit de ce haut lieu de l’art et de l’histoire. Mais M. Aillagon, décidé à rester à tout prix, fit agir des groupes de pression extrêmement puissants qui arrachèrent au président de la République sa prorogation à la tête de Versailles.

Très négative pour Versailles, cette décision fut une faute politique grave de M. Sarkozy, qui lui a aliéné une portion non négligeable de son électorat naturel. Il y a bien des gens qui auraient volontiers voté pour lui en 2012, mais qui risquent de refuser leur suffrage à celui qui a permis à M. Aillagon de poursuivre à sa guise son scandaleux détournement de Versailles.

Certes, mieux inspiré cette fois – peut-être en raison de la relative proximité de l’élection présidentielle –, M. Sarkozy vient de refuser une nouvelle reconduction à M. Aillagon, en dépit de ses pressions et récriminations. On ne peut que s’en réjouir. Mais la nouvelle présidente aura-t-elle la volonté et le courage de faire cesser l’insupportable outrage fait à Versailles en mettant fin aux « aillagonneries » ? Son choix aura une incidence certaine sur les résultats électoraux de M. Sarkozy.

Jean-Louis Harouel *

* Professeur à l’Université de Paris II, auteur de La grande falsification. L’art contemporain, Editions Jean-Cyrille Godefroy.

 

Versailles profané par le homard géant de Jeff Koons avant le tsunami de

Murakami ou le Palais-Royal banalisé par les colonnes de Buren ne sont

hélas pas les seuls hauts lieux de notre histoire à subir des modes du temps

l’irréparable outrage. La province n’est pas épargnée, les féodaux locaux

tenant à déposer leur petit étron moderniste sur les plus prestigieux édifices

dont ils ont la charge.

Avec ses nombreux jardins dans le goût de Lenôtre, ses rivières et son pittoresque « marais » en pleine

ville, Bourges est à n’en pas douter l’une des plus agréables cités françaises, regorgeant en outre de

richesses architecturales. Saint-Etienne, sa splendide cathédrale gothique à cinq nefs étagées frappe par

sa hauteur, son élégance et la beauté de ses vitraux, ses églises romanes sont du plus grand intérêt, ses

placettes entourées de maisons médiévales à pans de bois sont charmantes. Sans oublier évidemment ses

demeures seigneuriales comme l’Hôtel Cujas qui abrite le musée du Berry, l’Hôtel des Echevins

(réhabilité pour accueillir la donation du peintre Maurice Estève mort en 2001, celle-ci sans le moindre

intérêt) et bien sûr le Palais Jacques Cœur. Chef d’œuvre du gothique flamboyant construit à l’initiative

du grand argentier de Charles VII, qui ne l’occupa jamais, le roi l’ayant fait jeter en prison (d’où il

s’évada) en 1451, dix ans après l’avoir anobli.

Grandeur et décadence puisque, ayant réussi à s’évader de sa geôle, Jacques Cœur qui s’était mis au

service du pape devait mourir misérablement à Chio lors d’une expédition contre les Turcs. Grandeur et

annonce les châteaux de la Renaissance.  Le Centre des Monuments nationaux a imaginé en effet d’y

déployer jusqu’en octobre les “œuvres” gigantesques  de l’Helvète Christian Gonzenbach. Sous le titre

usurpé « les Echelles du Levant », une monstrueuse baleine de bois encombre la Salle des Festins dont

elle fausse les proportions, un grotesque et non moins énorme lapin de « bois, mousse de polystyrène et

peaux de lapin véritables » squatte la Salle d’Apparat, etc. Non seulement ces « créations » bêtes (bêtes

surtout à pleurer bien qu’elles soient qualifiées de « poétiques »et supposées « humaniser des lieux que le

poids de l’histoire pourrait rendre accablant ») n’ont rien à faire dans un tel lieu, mais elles en

compromettent gravement l’élégance, la beauté et la noblesse.

En fait, n’est-ce pas là l’objectif ? Faute d’espérer pouvoir égaler les

maîtres du passé, les petits marquis de l’art « comptant-pour-rien »

souillent et avilissent ce qui les a précédés, avec la complicité des

pouvoirs publics et des municipalités qui, soit par conformisme béat,

soit par intérêt, soutiennent et subventionnent ce véritable négationnisme.

Ainsi, comment Serge Lepeltier, l’actuel maire de Bourges, qui a écrit ou du moins signé un livre sur

Jacques Cœur (L’Argentier du roi, éd. Michel Lafon 1999), a-t-il pu laisser polluer à ce point ce qui fait

l’orgueil de sa ville ? A moins bien sûr que l’offense faite à Jacques Cœur ne participe d’un plan plus

large. Spécialiste des frères, Etat dans l’Etat auquel elle a consacré un livre (Albin Michel 2009), la

journaliste Sophie Coignard classe parmi les « francs-maçons de Sarkozy » le maire Lepeltier, ex-RPR,

ex-PR, ex-UDF, ex-UMP et ex-vice-président du très maçonnique parti radical valoisien aujourd’hui

dirigé par Jean-Louis Borloo. Un poste auquel il a renoncé le 9 février 2011 quand il reçut de l’Elysée la

sinécure d’« ambassadeur chargé des négociations sur le changement climatique, en remplacement de

Brice Lalonde ». Mais le personnage reste maire de Bourges et, à ce titre, il est le premier responsable des

aberrations commises dans l’ancienne cité royale.  Adepte des « musiques métisses », c’est ainsi avec sa…

bénédiction que fut organisé le 19 août un tonitruant concert de salsa aux portes de la cathédrale.

Claude LORNE

 

“Culte de l’avant-garde et culture de mort”

Intervenant à l’Institut de France dans le cadre du Parvis des Gentils, l’académicien Jean Clair choisit de traiter, sans langue de bois ni de buis, d’un épineux sujet : le culte de l’avant-garde… dans nos églises. Devant le président du Conseil pontifical pour la culture, le cardinal Gianfranco Ravasi, l’historien de l’art a sonné la charge contre l’irruption de « monstruosités » dans les sanctuaires chrétiens. Florilège.

Conservateur général du patrimoine, essayiste, historien de l’art, Jean Clair est de ceux qui ressentent la réalité de « preuves esthétiques » de l’existence de Dieu : « Dieu est, dit-il, parce que toute la création témoigne de son œuvre et que cette œuvre est belle ». Mais l’œuvre de la création est aussi une loi éthique : « Il n’y a que l’homme à pouvoir humilier la beauté […] : nous avons pouvoir de sublimer ou bien au contraire de “vilifier” les sensations qui entrent par les portes de notre chair. »

Pour Jean Clair, « la religion catholique est invinciblement une religion du visible, de la chair et du corps, et elle est nécessairement une religion de la beauté du visible. Elle réclame l’image à l’opposé d’autres fois qui refusent l’image ou bien qui ne l’acceptent que sous des formes monstrueuses ».

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Extrait du blog d’Aude de KERROS
Essayiste, critique d’art
15 janvier 2011
Vous avez peut-être le sentiment de ne plus comprendre grand-chose à la finance et à l’art.

C’est normal. En l’espace de cinquante ans, les définitions des mots « art » et « monnaie » ont changé. En réalité, la même crise transparaît dans les phénomènes monétaires et sur le marché de l’art.
uels liens entre art, langage et monnaie ? Une séparation entre le fonds et la forme. À partir de 1913, Marcel Duchamp conçoit un art d’essence purement conceptuelle, Saussure opère une révolution sémantique et coupe le signifié (le concept) du mot phonétique (le signifiant). Enfin, avec la guerre de 1914, commencent les premières interruptions de la convertibilité de la monnaie en or. La fin des accords de Bretton Woods, en 1971, supprimera toute référence à l’étalon or et même, à mesure qu’avance le siècle, à d’autres contreparties tangibles. Progressivement, ces divorces du fond et de la forme provoquent une grande crise de la valeur.

Monnaie conceptuelle et financial art : un viol de l’avenir
Art et finance peuvent désormais produire la quantité de  qu’ils jugent « utile ». On est passé de l’idée que la monnaie devait refléter la réalité économique à une monnaie qui anticipe de futures richesses. À partir de 1960, on a décrété que l’art, objet unique, remarquable, fruit du talent et de l’inspiration, appartenait au passé et que, désormais, était seul « contemporain » et légitime l’objet conceptuel, reflet de la société, sériel, scandaleux et support de communication.
es tenants des théories pragmatiques anglo-saxonnes affirment que la valeur est engendrée par le mouvement, le projet. Ils refusent l’idée de la nécessité d’une contrepartie tangible et visible.
ls se justifient en affirmant : « C’est bon parce que ça marche maintenant.« . L’évaluation à long terme, l’observation du passé et l’anticipation du futur n’ont pas de sens, la seule chose appréciable est le profit présent. L’avenir est violé puisque, en art comme en finance, il suffit d’affirmer qu’une chose n’existe pas – ou pas encore – pour qu’elle existe. C’est ainsi que les monnaies conceptuelles ont trouvé leur légitimité.
rès vite, la réalité disparaît… et de nouveaux étalons de la valeur apparaissent : l’AC (1) est enfanté par les réseaux, la monnaie est engendrée par les produits dérivés, immatériels, appartenant au ciel des idées platoniciennes.

Arts monétaires contre reliques barbares
Les théoriciens considèrent avec horreur l’or et le « grand art », les accusant d’être des « reliques barbares », auratiques mais improductives.
partir des années 1990, Manhattan est devenu le berceau de la finance créative ainsi que le chaudron de « l’art financier », art de la création de la valeur en réseau, grâce au délit d’initié, aux ententes et aux trusts. Le marché de l’AC n’est pas soumis à une réglementation et à un contrôle, comme il est d’usage sur les autres marchés. Il est le terrain de jeux psychologiques s’appuyant sur la culpabilité et la haine de soi, sur l’art de la communication – pour ne pas dire de la manipulation -, sur les jeux d’influence, sur les stratégies mondaines, mais aussi sur la constitution de chaînes de plus en plus complètes : collectionneurs – galeries – salles des ventes – médias – institutions – musées. Les collectionneurs et les banquiers sont devenus des artistes financiers oeuvrant à rebours des alchimistes : ils ne transmutent plus de la matière en or, ils créent de la richesse conceptuell

Contes et légendes de la création arbitraire

En 2008, la valeur a disparu de façon spectaculaire sous nos yeux.

n se souvint alors d’histoires anciennes comme celle du banquier John Law qui a vu ses mines de lapis-lazuli de Louisiane disparaître en quelques heures et rejoindre les royaumes oniriques. Pourtant, elles avaient bel et bien renfloué les finances du régent, évité la banqueroute de l’État et relancé, au passage, l’économie française. Cela avait magnifiquement fonctionné… jusqu’à l’arrivée légendaire du duc du Maine avec ses trois carrosses pour reprendre son or, après avoir gagné beaucoup d’argent et provoqué les émeutes de la rue Quincampoix. L’or vient au secours de la monnaie tout comme le « grand art » est le refuge des fortunes qui se sont faites grâce à l’AC et aux autres produits dérivés. Récemment, Jeff Koons, modèle même du financier bifron, trader/artiste, a acheté un Fragonard que le Louvre n’a pas pu s’offrir. Tous les artistes contemporains « les plus chers du monde » en font autant : ils savent où se trouve la valeur…

Paru dans Moneyweek, n° 111, 16-22 décembre 2010

1) AC : acronyme d’art contemporain, utilisé par Christine Sourgins dans Les Mirages de l’art contemporain (Éditions de la Table ronde), afin de montrer que l’ « art contemporain » est un concept et ne représente pas tout l’art d’aujourd’hui mais uniquement le courant conceptuel, considéré comme seul « contemporain ».

 
La revue de défense du consommateur « Que Choisir » vient de publier dans son numéro 494 un essai comparatif portant sur 386 sites culturels (1). Que choisir commence par rappeler ce que nous répétons depuis des années : « Selon une étude nationale portant sur les retombées économiques et sociales du patrimoine, 1 euros investi dans ce secteur générerait de 10 à 95 euros de retombées directes ou indirectes selon les zones touristiques… ». Bref la culture n’a pas à être traitée comme une parente pauvre, qui coûte et ne rapporte rien, envers laquelle l’Etat consentirait une forme d’assistanat, charité qui le dispenserait de toute critique.


La RMN, réunion des musées nationaux, basée sur la mutualisation des ressources, les recettes des grands servant à aider les petits, « a volé en éclats et le « chacun pour soi » est désormais la règle. Le Louvre est ainsi devenu le premier site culturel mondial avec plus de 8,5 millions de visites en 2009. Il est suivi par Versailles (3ème avec 5,7 millions ), le centre Pompidou et Orsay (respectivement 9ème et 10ème). Face à ces musées d’envergure internationale, de plus en plus riches, de plus en plus puissants, le dénuement des « petits » est d’autant plus flagrant ».


La fracture est aussi territoriale, le fossé se creusant entre Paris et les régions. « De même le rajeunissement du public et l’ouverture sociale n’ont pas été au rendez-vous, loin s’en faut. Selon une étude du ministère de la Culture, le pourcentage des ouvriers ayant visité un musée au cours des douze derniers mois est passé de 23% en 1989 à 15 % en 2008. Même chose pour les agriculteurs, dont la proportion a chuté de 22 à 17 % ».
Les grands musées, devenus quasiment autonomes, se comportent comme n’importe quelle « pompe à fric » ; ce qui, en termes plus châtiés, s’exprime ainsi : « depuis 10 ans, le prix des billets est monté en flèche : plus 35 % pour le Louvre, plus 113% pour Versailles, plus 160 % pour le Centre Pompidou. Sans pour autant entamer la fréquentation grâce à une clientèle captive de touristes aisés, français ou étrangers, qui forment l’immense majorité des visiteurs »


« Comme partout ailleurs, le diktat de l’économie quantitative prime sur la notion de service public ». Le grand perdant est le grand public. «  Dans les sites patrimoniaux qui encouragent la sur- fréquentation par tous les moyens, la visite, même en semaine et hors saison, relève du parcours du combattant ». Versailles, à ce titre, devient un cas d’école mention « victime de son succès ». Tarifs trop élevés et opaques (c’est tout juste si Que choisir ne parle pas de vente forcée quand, les jours des grandes eaux, le tarif est augmenté d’office qu’on y assiste ou pas).

Le pire est à venir, dénoncé également par un article du Parisien du 16 juin : « Certains jours c’est deux à trois heures d’attente pour les visiteurs individuels… » c’est mieux pour les groupes, « quarante à quarante-cinq minute de retard ». Le « surbooking » n’est pas loin.  Bousculade et brouhaha, le palais ressemble  au métro à l’heure de pointe, certains visiteurs ne voient…que les plafonds ! Les expositions temporaires sont montrées du doigt et « Que choisir » rejoint le Parisien : le « parcours du combattant se poursuiv(ant) dans les grands appartements, encombrés par une exposition de trônes. Sans compter qu’ils gênaient la circulation, ces lourds objets gâchaient la perspective de la galerie des glaces »…Versailles obtient, outre une 3ème place mondiale,  « la palme du monument le plus mal géré ». Merci qui ?
Mr Aillagon, dans un musée hypersaturé, attire les badauds : on sait que ceux-ci se précipitent à la moindre toile froissée, Mr Aillagon leur organise des accidents culturels et ils vont roder aujourd’hui autour des carcasses d’acier corten. S’agit-il de servir Versailles ou la culture ou de soigner sa carrière en apparaissant comme « l‘homme qui déplace les foules » ?  L’exposition sur les trônes, moins légitime qu’il y parait (à Versailles on ne mettait guère en valeur le trône… car c’était la personne du Roi qui était mise en scène), pêche surtout par sa tenue hors d ‘une salle dédiée, ce qui fut source de pagaille.
Voilà qui devrait devenir une règle d’Or : les expositions temporaires… doivent se dérouler dans des salles idoines… Arrêtons de livrer les monuments historiques à l’ égo surdimensionné des gestionnaires, sinon il faudra pousser les murs. Et Versailles continuera d’Aillagoniser….

Christine Sourgins

(1) « Valorisation à deux vitesses » , p. 46 à 54.

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De Christine Surgins Historienne de l’art ,sur son blog
17 juin 2011

Bernar de son prénom, mais sans « d », c’est plus chic, quoique consonnant toujours dangereusement avec le fameux « nanar »  qui désole nos écrans.

Dans le dossier de presse de Versailles l’homme se vante d’avoir commencé sa carrière en peignant au goudron puis en exposant une sculpture composée d’un simple tas de charbon, autrement dit libérant l’œuvre des contraintes de la composition : bref, un bernard-limite de la sculpture. Le crustacé s’est aussi lancé dans la musique concrète : « je prends une brouette, lance un enregistreur à cassette et tourne en rond avec la brouette, j’obtiens un son monotone, très répétitif et ce sera l’équivalent auditif du goudron » sic ! (1)  Les services du ministère nous claironnent, eux, que Nanar, pas fier, « s’empar(e) de New-York en 1966″ et par la même occasion de l’art minimal et conceptuel. Il en conçoit un programme qui prévoit d’arrêter sa carrière artistique en 1971 (Clin d’œil à Duchamp). Notre Bernar, qui se vante d’un « bac niveau moins 2″, ira donc pendant ce temps là, enseigner à la Sorbonne : voilà un sculpteur habile, sinon dans les formes, du moins dans la recherche des appuis ;  il n’aura aucun mal à épouser une riche américaine (clin d’œil à Marx Ernst épousant Peggy Guggenheim). Bernar s’incruste donc à New-York et devient alors un « afreu » = artiste français résident aux Etats-Unis ».

Malheureusement pour Louis XIV, le Bernard-limite ne tient pas son programme et repique au marché de l’art, fournissant des œuvres minimalistes, aux formes aléatoires, avec prétextes mathématiques pour épater le bourgeois, mais qui ont la rigueur et la profondeur spirituelle de la brouette concertante.

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